26.03.2009

100 millions de chrétiens dans le monde ne peuvent pas vivre leur foi librement

Alors qu'en France on prône pour l'oecuménisme (et quel oecuménisme ?), 100 millions de chrétiens dans le monde, ne peuvent pas vivre leur foi librement.

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l'AED - AIDE AUX CHRETIENS EN DETRESSE, soutien l'église dans le monde, permet la construction et la reconstruction d'églises, soutien les chrétiens isolés et témoignent des régions du monde où la religion chrétienne est menacée.

48 % de catholique français

A l'heure où le Pape et l'église catholique se font en France abondamment fustiger par les médias, "parce que le message de l'église et les propos de Benoît XVI sont - habilement tirés hors de l'intégralité de leur propos - scandaleux". A l'heure où le journal du Dimanche dans un récent sondage, cite que 48 % des catholiques français réclament la démission du Pape, j'avais deux possibilités : me mettre moi aussi à aboyer contre le Pape, contre l'église, réclamer sa démission, ne plus mettre les pieds dans une église, ou m'arrêter sur le message de l'église et des évangiles, me poser aussi la question, quid des pays d'Afrique où ce n'est pas la religion catholique qui est majoritaire, mais l'islam. Que prônent les imams ? Doivent-ils  eux aussi démissionner ?

Que de questions et d'interrogations, que de "sables mouvants", dans lesquels mes propos  et mes pensées pourraient "s'enliser" ou "s'engluer". Alors, je me pose cette autre question, si l'usage du préservatif peut être recommandé, ne faut-il pas avant tout, expliquer, enseigner, une certaine (le vilain mot) morale, une certaine fidélité, sans pour autant rejeter la contraception ? Ne faut-il pas enseigner le respect d'autrui, expliquer que le corps n'est pas simplement qu'un objet sexuel que l'on peut monnayer ? Avant de crier "Au loup, au loup", comme les 48 % de français, ne faudrait-il pas s'intéresser au réel travail de l'église en Afrique, sans s'arrêter au clichés, aux caricatures ?

Mais voilà, dans les médias, à la radio,, parler de fidélité et de morale, ce n'est pas à l'ordre du jour, surtout dans nos pays occidentaux, et en France. Eh oui, ne sommes nous pas les ("pauvres") héritiers du "il est interdit d'interdire", de la liberté sexuelle totale ? N'avez-vous pas encore essayé les sex toys ? Il n'y a qu'à ouvrir la TV, ou seulement feuilleter les magazines TV. Exit l'amour et les sentiments ? On pourrait le croire. Les médias, tv et internet privilégient aux heures de grande écoute, des doses de sexe, dans les feuilletons, dans les films, histoire de banaliser. On en oublierai que nous sommes dépositaires de 2000 ans d'histoire et de chrétienté...

Alors parler d'éducation, de morale, de fidélité, de respect ? Attention ! Et la religion ? Il n'y a pas longtemps, s'affirmer chrétien était ringard. Aujourd'hui, soutenir Benoît XVI, est  en France,  scandaleux.

Et à écouter les médias, il y avait vraiment de quoi se poser la question : Faut-il  crier scandale, réclamer la démission du Pape ? Faut-il faire partie des 48 % ?

Eh bien non.

Et loin de toute caricature, voici le texte de la lettre de notre évêque, Mgr Aillet, sur l'Afrique et le Sida :

« Le jugement le voici : la lumière est venue dans le monde, mais les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises » (Jn 3, 19). Ecoute, Israël, combien la Parole de Dieu est actuelle : « Vivante en effet est la Parole de Dieu, efficace et plus incisive qu’aucun glaive à deux tranchants … elle peut juger les sentiments et les pensées du cœur » (He 4, 12). La lumière est venue dans le monde, « et le monde ne l’a pas reconnu » (Jn 1, 10), et il l’a prise en haine (cf Jn 15, 18) ; « Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas accueilli » (Jn 1, 11), et même, « ils le poussèrent hors de la ville et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline … pour l’en précipiter. Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin » (Lc 4, 29-30). Le lynchage médiatique dont l’Eglise et le Saint-Père ont fait l’objet ces dernières semaines sont comme une illustration de ces paroles toujours actuelles : « Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, vous aussi, ils vous persécuteront » (Jn 15, 20). Les juges ont besoin aujourd’hui comme hier de « faux témoins », comme ceux qui se levèrent devant le Sanhédrin pour condamner Jésus, en déformant ses propos (cf Mc 14, 57-58). Si Jésus, le communiquant par excellence, n’a pas échappé à la mauvaise foi des hommes, pourquoi nous étonner que l’Eglise soit traitée ainsi ? Loin de se soumettre aux lois de la communication humaine que l’on prétend lui imposer, l’Eglise ne peut se soustraire à sa mission prophétique. N’appelons pas « bourde » ou « gaffe », ce qui n’est rien d’autre qu’un témoignage rendu à la Vérité. Ainsi en est-il des propos, remplis de vérité et de compassion, du Saint-Père sur les moyens de combattre le Sida. Les journalistes, dont certains appartiennent à la presse dite catholique, se sont emparés une fois de plus d’une petite phrase ; des politiques, souvent esclaves de l’opinion, ont renchéri, sans aucun discernement, et dénoncé les « propos irrecevables » du Saint-Père et le « discours irresponsable de l’Eglise ». Fils et filles de l’Eglise, nous pouvons garder la tête haute, car les propos du Pape ont été confirmés par les évêques d’Afrique et par les chefs d’Etat de ces pays où le Sida fait des ravages, dénonçant le « racisme latent » de ces occidentaux qui voudraient leur imposer leurs schémas mortifères, au nom de la sacro-sainte licence sexuelle ou bien du matérialisme mercantile dont on voit bien à qui il profite. Un discours qui ne résiste pas à l’évidence des faits : selon les statistiques de l’OMS, les pays d’Afrique où le taux de distribution des préservatifs est le plus fort, la progression du SIDA est la plus élevée ; là où les catholiques sont plus nombreux et où l’on prône en priorité l’abstinence et la fidélité - y compris dans les programmes gouvernementaux- , et le préservatif en dernier recours, le SIDA est en très nette baisse, comme au Burundi ou en Angola. Devant la partialité, voire la falsification de certains medias, les catholiques doivent aller à la source de l’information et communiquer autour d’eux par tous les moyens, à commencer par l’Internet. Mais, en dernière analyse, il faut accepter de souffrir pour le nom du Christ et ne pas s’étonner de ces campagnes de dénigrement : « Si vous étiez du monde, le monde aimerait son bien ; mais parce que vous n’êtes pas du monde, puisque mon choix vous a tirés du monde, pour cette raison, le monde vous hait » (Jn 15, 19). « Mais gardez courage, nous dit Jésus, j’ai vaincu le monde » (Jn 16, 33). + Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron.

J'ai eu la chance de rencontrer récemment Mgr Aillet et de l'écouter. Je dois avouer que c'est grâce à cette rencontre que je n'ai pas rejoint les 48 %.